La presse

Merci au collectif Les Biches (Montpellier) pour cet article complet sur le projet de territoire intitulé ITINERANCE.

 

Article de Pascal Conrod, conseiller pédagogique – circonscription de Montbéliard 1, dans le cadre du travail de la cie autour de la création Là où tu te poses, à l’école primaire de Rougemont. Retrouver l’article en ligne ici

CRÉATION EN COURS À ROUGEMONT

Deux classes de l’école élémentaire de Rougemont ont été retenues pour la deuxième édition du dispositif national Création en cours.
Pilotées par les Ateliers Médicis (Ministère de la Culture), ces résidences de création associent au cours d’une année scolaire une ou plusieurs classes et de jeunes artistes sortant d’une école d’art.

Loriane Euvrard, enseignante du CE2-CM1, et Isabelle Vaudrey pour le CM1-CM2 s’étaient portées candidates.
Leurs classes ont été associées à la Compagnie chorégraphique Les Chasseurs de Vide.
Venues de Montpellier, les chorégraphes et danseuses Célia Tali et Josépha Fockeu se sont installées dans notre département durant 5 semaines, du 26 février au 30 mars.
Elles avaient imaginé un projet autour des migrations, des espaces et des rêves.
Fidèles au principe de ces résidences, elles ont présenté leur création Là où tu te poses aux élèves en même temps qu’elles la faisaient évoluer.
Parallèlement, elles ont proposé aux élèves une médiation autour de la danse contemporaine. Puis les élèves ont été amenés à s’exprimer pour construire ensuite leur propre création.

Les restitution qui ont eu lieu le 30 mars proposaient 3 moments très émouvants :
– La création des élèves s’est déroulée en intérieur. Les danseurs évoluaient au centre d’un carré de chaises et proposaient leurs réponses aux questions posées par le thème du projet.

– La pièce Là où tu te poses, écrite pour être jouée en espace public, a donc été proposée à l’extérieur par les deux danseuses, sous une pluie froide et continue pour la première.

– Enfin, les spectateurs ont été invités à venir déambuler dans l’école où avaient été disséminées les boîtes à rêves des élèves, fruit de leur réflexion sur les migrations.

Page du projet de résidence des danseuses sur le site Création en cours : https://creationencours.fr/projet/la_ou_tu_te_poses/
Depuis cette page, on peut accéder au journal qu’ont tenu les artistes et qui raconte de l’intérieur la réalisation du projet.

Nul doute qu’il restera aux élèves de ces deux classes, éloignées des dispositifs culturels habituels, un formidable souvenir et surtout les émotions que provoque ce type de travail lorsque les artistes sont tout autant actrices que passeuses.

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Article de David Sanson, auteur et conseiller artistique indépendant, dans le cadre du travail de la cie autour de la création Là où tu te poses, à l’école primaire de Rougemont.

Recourir à la mémoire personnelle et à l’histoire réelle permet de faire naître des questions – et des créations – autour des notions d’identité, de récit… Plusieurs artistes ou collectifs de Création en cours ont souhaité travailler là-dessus avec les écoliers, à l’âge crucial où se forgent les personnalités des futurs adultes.[…]

Laisser une trace : tel est aussi le propos du tandem, chorégraphique celui-là, formé par Célia Tali et Josépha Fockeu. A l’école élémentaire de Rougemont (Doubs), où elles ont travaillé en immersion totale durant cinq semaines, les artistes mettent en œuvre « Là où tu te poses », projet convoquant la danse, mais aussi le récit et les arts visuels autour du thème du voyage clandestin, librement inspiré d’un livre de Claire Billet et Olivier Jobard, Kotchok, Sur la route avec les migrants (2015). Pour elles, l’important est avant tout, là encore, d’utiliser cette matière pour transmettre aux élèves « de petits protocoles », comme l’explique Célia Tali : par exemple en travaillant sur ce « temps inconfortable » qui est celui des migrants, êtres déracinés qui sont « soit dans l’attente, soit dans l’urgence ». Ces protocoles ont nourri Assis sur l’horizon, création présentée par les enfants début avril, et dont ils seront libres de réutiliser certains éléments comme bon leur semble par la suite. Même si un travail autour du thème du rêve – les amenant à se demander « quelle trace visuelle ils veulent laisser de leur rêve » – a pu conduire les écoliers à se dévoiler un peu, les artistes ont souhaité « laisser de côté l’histoire personnelle des enfants » pour les « ouvrir sur l’extérieur ». A la fois sur la réalité du monde (en faisant par exemple comprendre à certains que « migrant » et « mendiant » n’avaient pas vocation à être synonymes) et sur la manière d’être dans celui-ci, en leur instillant confiance en soi et autonomie.[…]

Retrouvez l’intégralité de l’article ici

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Article  de Sylvain Quissol, journaliste pour le magazine culturel MAGMAA à propos du Duo Bleu Electrique 

« Une danseuse se faufile élégamment sous une chaise. Une autre monte les escaliers pour atteindre les sommets d’une salle très haute. Célia et Josepha répètent pour le spectacle d’inauguration du Pôle Realis à Montpellier. La compagnie Les chasseurs de vide s’approprie cet espace avec sa hauteur mais aussi ses objets, comme une chaise et des canapés. Les deux danseuses valorisent la spontanéité et une approche ludique de la créativité. Loin des écritures chorégraphiques linéaires, avec un début et une fin, elles adaptent l’expression de leurs corps à l’environnement qui se propose à elles. La danse doit permettre de s’approprier l’espace, les sons et les liens entre les gens.

Les artistes participent au festival d’Aurillac et leur démarche s’apparente au théâtre de rue. Les deux danseuses veulent « s’ouvrir à des personnes qui ne connaissent pas la danse contemporaine » et « créer un contexte de discussion ». Elles tentent de décloisonner les diverses pratiques artistiques. La séparation entre la danse classique et contemporaine n’a pas lieu d’être. Elles tentent même de se défaire des conditionnements subis durant leur formation spécialisée. « On veut bouleverser les codes et les classements, les genres et les styles : on ne veut pas d’étiquette », précisent les danseuses.

Elles refusent également la séparation entre les artistes et le public. Elles dansent dans la rue et n’hésitent pas à intervenir dans des endroits insolites. Une baignade habillée fin juin doit permettre de faire de cet endroit banal et touristique un espace d’émerveillement et discussions. Des questions sont adressées au public pour laisser place à la surprise et faire venir la rencontre. Les danseuses imaginent également un mur d’eau pour mouiller et interpeller le public. En revanche leur démarche ne consiste pas à brutaliser ou à scandaliser le public, mais plutôt à faire émerger le jeu et la créativité dans le quotidien.

« Les Chasseurs de vide s’engagent dans une lutte pour insuffler de l’imaginaire dans un quotidien aliénant », indique leur page de présentation. Le projet De l’être sur l’avoir attaque les conditionnements imposés par l’uniformisation marchande. « Dans une société virtuelle ou matérialiste, nous voulons valoriser l’humain, chasser le néant des pubs qui orientent nos désirs, pour revenir à ce qui est important », précisent les danseuses. La danse doit permettre de se libérer des conditionnements et « libérer notre quotidien, libérer notre corps », soulignent les artistes. Cette démarche permet de renouveler les pratiques artistiques pour briser la routine et la séparation, pour favoriser les rencontres et ré-enchanter la vie quotidienne. »

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