Là où tu te poses (2018)

Là où tu te poses

Projet pluridisciplinaire de et par Célia Tali, Josépha Fockeu et Marielle Rossignol soutenu par le Ministère de la Culture et de la Communication, le Ministère de l’Éducation Nationale, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, et les Ateliers Médicis dans le cadre du dispositif Création en cours, la Maison Pour Tous George Sand, Montpellier et La Mainlèv, une fabrique à initiatives.

Là où tu te poses est un projet en plusieurs volets qui se développe autour du thème de la migration.

Célia et Josépha se sont inspirées du livre Kotchok, sur la route avec les migrants*, un livre écrit et documenté par Olivier Jobard, photographe et Claire Billet, auteure. Il s’agit d’un récit qui expose le voyage de cinq jeunes Afghans qui vont parcourir 12000 kilomètres et passer 6 frontières clandestinement. Claire Billet et Olivier Jobard ont intégré ce groupe de migrants clandestins d’Afghanistan, ils les ont suivis de Kaboul jusqu’en France.

Elles se sont aussi appuyées sur l’ouvrage La leçon des oies sauvages** d’Elisabeth De Fontenay. Il s’agit d’une conférence pour la jeunesse.

Ces œuvres et les questionnements qu’elles ont soulevées ont motivé la création d’un polyptyque composé:

  • d’une création de danse en espace public

Le duo parle de deux voyageurs clandestins qui se sont échoués sur une terre qu’ils ne connaissent pas et qu’ils vont découvrir ensemble. Ballottés entre urgence et attentes interminables, ces voyageurs traversent les villes avec d’une part le souvenir de ce qu’ils ont laissé et d’autre part l’espoir d’arriver « là bas ». Ils rêvent de devenir ces oiseaux, ces voyageurs exemplaires. Et si le rêve devenait réalité ? 

La compagnie a voulu réduire l’échelle à laquelle nous pouvons appréhender ces voyageurs clandestins : au lieu de considérer « le phénomène migratoire » ou bien « la crise des migrants », nous avons souhaité parler de l’individu qui se cache derrière.

–> pour avoir un aperçu vidéo du spectacle, rdv ICI

  • d’ateliers autour du rêve, pour construire une installation avec les habitants d’un quartier/d’un village ou bien les élèves d’une école,…

Le spectacle ouvre sur la question de l’imaginaire, du rêve. Pour compléter ou continuer la réflexion autour de la migration,  la compagnie propose un atelier ouvert à tous sur le thème de l’espace rêvé: elle propose des temps d’échanges et de fabrication de boîtes à rêves (dans une boîte en carton que chacun pourra décorer et transformer comme il le souhaite).
Les boîtes à rêves seront ensuite exposer dans les écoles, les commerces, les médiathèques, chez les particuliers, … 

  • d’une exposition photo intitulée Il parait qu’à Paris, en collaboration avec  la photographe Marielle Rossignol

Note d’intention de Marielle:

Elle est probablement aussi ancienne que l’humanité et terriblement d’actualité. Elle nous entoure, chargée des sons de langues inconnues, d’odeurs de plastique, de poussière et de mort. Mais vu d’ici, ce sont les idées reçues et la peur de l’étranger qu’elle amène par vagues. La migration déchaîne les passions, témoin des questions profondes que se pose l’humanité depuis la nuit des temps : notre rapport à la vie, à la mort, à la terre promise, à l’autre.  

Cette série n’est pas un documentaire. Elle s’appuie sur une autre vision du corps en mouvement (la danse contemporaine) et un espace qui appartient à tous (l’espace public) pour exprimer l’imaginaire de la migration. Elle ne montre pas des migrants mais des corps anonymes, qui pourraient être ceux de n’importe qui. Comme pour rappeler que la migration n’a pas de couleur, pas de langue, pas de religion, mais une seule et même histoire, universelle.

Il paraît qu’à Paris est aussi une histoire de création. Autour du livre de Claire Billet et Olivier Jobard Kotchok, sur la route avec les migrants, les danseuses imaginent un spectacle. La photographe, une série. L’auteur, des histoires. Chacun inspirant l’autre et posant sur la Grande Histoire de la migration un regard personnel. 

« J’ai choisi de ne donner ni origine ni culture à ces modèles. Car si, en tant que citoyenne française, je me sens concernée par l’histoire de ceux qui fuient la guerre pour un monde meilleur, c’est justement parce que, dans ces personnes que je ne connais pas, je peux voir n’importe qui : mes parents, mes ancêtres, moi-même. » 

Photographies : Marielle Rossignol –> rdv ICI pour plus d’infos sur l’exposition et sur ses autres travaux!
Modèles : Célia Tali et Josefa Fockeu
histoires: David Irle
Citations tirées de Kotchok, sur la route avec les migrants de Claire Billet et Olivier Jobard 

  • de 7 textes écrits et enregistrés par David Irle en lien direct avec les photos de Marielle Rossignol

 

 

*Kotchok, Sur la route avec les migrants, Claire Billet et Olivier Jobard, Robert Laffont, Paris, 2015, 251 p.

**La leçon des oies sauvages, Elisabeth de Fontenay, Bayard, collection Les petites conférences, 2012

(c) Marielle Rossignol